SANCTUS
L'ange est fait à l'Image des oiseaux.
Il ressemble à ma mère - ou mieux encore :
il est ma grand-mère.
Elle est inégalée.
Peut-être depuis la mort
ne revient-elle pas, comme reviennent les
oiseaux - des anges terrestres
de cire tiède et de nuages
mais, peut-être pour cela, Dieu inventa-t-il les anges.
L'ange est exact :
lorsque la lumière glisse, son corps s'humidifie. Celui qui l'aime n'est jamais seul. Il sourit
aux autres anges.
Mais ma grand-mère est morte.
Sarabande : que retentisse le tambour sur ton tombeau !
II est l'inconnu
le blessé.
Ange ivre de Dieu, tombé - deux fois ; l'ange amoureux
dont il cacha le vol sous la nuque - on
l'appelait
" contrefait "
seulement pour l'embêter.
Dans le même désert de la
vie, les mains à la bouche taries
ma grand-mère aussi s'en est allée
avec sur son dos
Dieu comme fardeau.
Regarde-moi maintenant, regarde-moi Toi avec
les yeux d'animal des anges.
Marque-moi pour toujours entre les épaules. Enfonce ma cicatrice comme signe de vol.
Mourir c'est simplement avoir un point noir
dans le regard.
Je sais que je mourrai, mais pas
maintenant que je suis vivant pour toucher les
ailes des anges.
Mon vol ne sera plus inachevé : je suis ivre de
Dieu
pour suivre les pas de ma grand-mère.
Regarde-moi, Dieu, comment je deviens un
ange :
ressemblance et image de tes oiseaux. De la maison, mes parents
veillent sur moi.
Sarabande : que retentisse son regard sur mes
yeux !
à Eduardo Langagne
SANCTUS
El ángel esta hecho a imagen de los pájaros.
Se parece a mi madre -o mejor:
es mi abuela.
Ella es irrepetible.
Tal vez desde la muerte
no regresa, como vuelven los pájaros -Ángeles
terrenales
de tibia cera y nubes,
pero, quizás por eso, Dios inventó a los Ángeles.
El ángel es exacto:
cuando la luz escurre, humedece su cuerpo,
Quien lo ama no esta solo. Sonríe
a los otros Ángeles.
Pero mi abuela ha muerto.
Zarabanda: retumba su tambor sobre tu tumba.
Es el desconocido,
el vulnerado.
Ángel ebrio de Dios, caído (un par de veces; el
ángel amoroso
cuyo vuelo guardo bajo la nuca -le decían "contrahecho"
nomás por jorobarlo.
Por el mismo desierto de la vida, sin mas agua
en su boca
que sus manos, también se fue mi abuela
con el fardo de Dios
sobre su espalda.
Mírame ahora, mírame Tu con los ojos de
animal de los Ángeles.
Márcame para siempre entre los hombros.
Hunde mi cicatriz como señal de vuelo.
Morir es solamente tener un punto negro en la
mirada.
Yo se que moriré, pero no
ahora que estoy en vida de tocar las alas de loz
Ángeles.
Mi vuelo ya no será inconcluso: estoy ebrio de
Dios
para igualar los pasos de mi abuela.
Mírame, Dios, como me vuelvo un ángel:
semejanza e imagen de tus pájaros.
Desde casa, mis padres
me custodian.
Zarabanda: retumba su mirar sobre mis ojos.
para Eduardo Langagne
AGNUS DEI
Cette ombre qui avance lorsque mon corps s'arrête c'est moi.
FRANCISCO Hernandez
S'il est vrai que l´ombre me précède
(même si elle ressemble à un poisson)
et qu'elle connaît la maison de ma mort qu'elle la rende habitable :
que ses murs ajourés ne m'éprouvent pas le dos quand je dormirais
(avec mes ailes éveillées)
et que la fenêtre laisse entrer la lumière du
lendemain.
Et s'il est vrai qu'elle regarde là où je n'ai pas
regardé
qu'elle fasse une étroite rue de sa pupille,
quelque ruisseau sec
pour remplir de moi tout le chemin, pour
pleurer
la solitude que je puisse porter en moi dans une
jarre brisée.
Et si elle trouve Dieu
qu'elle l'entretienne
jusqu'à ce que je le regarde (pas une ombre)
pour observer en lui ce qu'il contient de moi,
de nous tous.
Si par hasard ce n*est pas moi (si je ne
m'appelle pas poète)
que celui qui me trouve dise qu'il s'appelle
Archange
et m'emmène avec lui (lui derrière Dieu)
pour qu'Il soit mon ombre.
Il ne géra pas notre Dieu
mais comme il sera mien !
AGNUS DEI
Esa sombra que avanza cuando mi cuerpo se detiene soy yo.
FRANCISCO HERNANDEZ
Si es verdad que la sombra va delante de mí (aunque parezca un pez)
y conoce la casa de mi muerte
que la torne habitable:
que sus muros calados no me calen la espalda cuando duerma
(con mis alas despiertas)
y la ventana deje llegar la luz del día siguiente.
Y si es verdad que mira por donde no he
mirado
que haga una calle estrecha su pupila, algún
riachuelo seco
para Llenar de mí todo el camino, para llorar
la soledad que pueda traer a cuestas
en un cántaro roto.
Y si encontrara a Dios
que lo entretenga
hasta que yo lo mire (no una sombra)
para observar en él lo que hay de mi, de todos.
Si acaso no soy yo (si no me llamo poeta)
que el otro que me encuentre diga llamarse
Arcángel
y me lleve consigo (él por detrás de Dios)
para que sea mi sombra.
No será nuestro Dios
pero que mío.