SUR UNE PEINTURE À L’HUILE
À Gualbet l’aurore se lève tard
presque toujours
le pain odorant arrive après
le silence de ses bateaux
En sueur de poisson
l’homme
devant la taverne
-si peu de choses à célébrer
dans les coupes solitaires-
trouve sa porte endormie
Le chapelet de vagues se précipite
fruit du désir de femme
goélands frénétiques
parmi les cadavres du quai
Baigné de soif insatiable
il fouille dans les ruelles
cherchant des quignons d’amour
et de vin
A travers les larmes du marché
une jeune fille a perdu
son sac
a perdu la vie
BATTEMENTS
La chaleur de la cendre
si rouge encore
comme la robe de la femme
dans les bras de son amant
Une robe à teinture de deuil
par la braise infidèle
inerme et sans boutons
héberge une fleur en son sein
Par de petits battements
se colore peu à peu
la fleur
de cendre
ONDINE
Elle est venue de la mer
sans le berceau de Moïse
sans les étreintes royales
Elle n’a vécu qu’un moment
de ses jours-enfants
dans la ville des mystères
Et disent les voix
qu’elle est née en Verseau
avec le soleil en Cancer
et la mort
en Poissons